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Le projet Café Jazz Kwetu Citoyen a été mis en œuvre dans six quartiers de la Commune Annexe : Kasapa, Kamatete, Mukunto, Tshamalale, Munua et Joseph Kabila Kabange. Conformément aux Termes de Référence, le projet s’est articulé autour de quatre grandes phases : diagnostic participatif, ateliers participatifs, résidences artistiques et bootcamps, puis concerts / spectacles citoyens de restitution. Les réalisations majeures incluent la mobilisation de 6 quartiers, l’encadrement de 56 artistes, la formation de 7 points focaux, l’organisation de 6 concerts majeurs accompagnés de parades, la visite de 18 écoles et un total estimé de 5 953 bénéficiaires directs. Le projet a également généré une forte mobilisation communautaire et des impacts économiques locaux observables. Parmi les défis majeurs rencontrés figurent une interruption sécuritaire à Kasapa, la saison des pluies, des difficultés d’accessibilité logistique, une participation féminine artistique limitée (environ 20 %) ainsi que l’absence de captation vidéo, constituant un écart significatif par rapport aux Termes de Référence. Pour y faire face, plusieurs mesures correctives ont été mises en œuvre : reprogrammation de certains spectacles, renforcement du dialogue avec les autorités locales, décentralisation de la logistique et intégration envisagée d’un plan futur de production audiovisuelle sécurisé. Concernant l’avancement par résultats attendus, le premier résultat visait la mobilisation des autorités et acteurs locaux. Les réalisations incluent la participation des chefs de quartiers dans 5 quartiers sur 6, la présence des majors de la police à Kamatete, l’utilisation des Baraza ya Madjengo, la mise à disposition d’espaces communautaires ainsi que des témoignages positifs de restaurateurs et commerçants. L’analyse montre que le dialogue entre les jeunes et les autorités a été significativement renforcé et que ces dernières ont progressivement reconnu le rôle structurant des artistes dans la cohésion sociale et l’animation communautaire. Le deuxième résultat concernait la formation et l’encadrement des artistes. Trois ateliers participatifs ont été organisés, totalisant 155 participants, ainsi que deux bootcamps destinés aux points focaux. Des résidences artistiques décentralisées ont été mises en place, permettant la structuration de 7 mini-projets et un encadrement entrepreneurial culturel. Les artistes ont acquis des compétences en gestion d’initiatives culturelles, développé leur capacité de mobilisation locale et construit une vision d’autonomisation post-projet. Les points focaux formés constituent désormais un réseau actif capable de poursuivre les initiatives culturelles au niveau local. Le troisième résultat portait sur la sensibilisation des populations à travers des productions artistiques. Les indicateurs suivis incluaient le nombre de spectacles réalisés, le nombre de participants, la diversité disciplinaire et l’intégration de forums citoyens. Les réalisations comprennent 6 concerts de quartiers, 4 parades communautaires, du théâtre forum, des contes citoyens dans les écoles ainsi que diverses formes d’expression artistique telles que défilés, humour, marionnettes, slam, danse et musique. Le public total est estimé à 5 953 personnes, avec une répartition approximative de 48 % de femmes et 52 % d’hommes, tandis que la participation féminine parmi les artistes reste autour de 20 %. L’analyse montre que la culture a servi de canal de dialogue non conflictuel et que la forte participation confirme l’existence d’une demande culturelle structurée dans ces quartiers. L’avancement par activité commence par le diagnostic participatif, qui a inclus des descentes de terrain, une cartographie sociale et l’identification des principaux enjeux tels que la pollution liée au CDM, l’insalubrité, la consommation de drogues et le manque d’espaces communautaires. Les ateliers d’échange entre parties prenantes se sont déroulés les 5, 8 et 13 décembre 2025 à la salle GETRA & Sisters, réunissant 155 participants cumulés selon une méthodologie participative basée notamment sur l’arbre à problème et les jeux de rôle. Les résidences artistiques participatives ont ensuite permis la maturation des créations. La formation des points focaux s’est tenue les 15 et 17 janvier 2026 à Kasapa et JKK, avec des modules portant sur la gestion d’initiatives culturelles, le leadership collectif, la mobilisation sans argent et le plaidoyer culturel. L’accompagnement des créations s’est poursuivi à travers des répétitions impliquant 56 artistes dans différents lieux tels que l’Auberge d’Art MANUS, des écoles, des paroisses et divers espaces communautaires. Les concerts de quartiers organisés dans le cadre du Café Jazz Kwetu ont rassemblé des publics importants : Kamatete le 31 janvier avec environ 420 personnes, Mukunto le 1er février avec 695 personnes, Tshamalale le 6 février avec 427 personnes, Joseph Kabila Kabange le 7 février avec plus de 1500 personnes, Kasapa le 8 février avec 490 personnes et Munua le 8 février avec 220 personnes. Le total estimé des spectateurs pour ces spectacles s’élève à 3 752 personnes, auxquels s’ajoutent 2 201 élèves ayant participé aux contes citoyens scolaires. En matière de sauvegarde et d’inclusion, le projet a connu une forte mobilisation de la jeunesse et une parité relativement équilibrée parmi le public. Toutefois, la participation féminine artistique reste faible, autour de 20 %. Le projet a également impliqué des enfants de maternelle et de primaire, avec une adaptation des horaires scolaires et l’intégration d’autorisations parentales afin de garantir une participation sécurisée et inclusive. Sur le plan de la communication et de la capitalisation, un écart majeur a été constaté. Les Termes de Référence prévoyaient la création d’un mini-média citoyen avec captation vidéo, mais la captation audiovisuelle professionnelle n’a pas pu être réalisée comme prévu. Cette situation a entraîné plusieurs conséquences : absence d’archives audiovisuelles consolidées, perte d’opportunité de storytelling structuré, difficulté de valorisation future et limitation des outils de pérennisation du projet. Cet élément a constitué un handicap stratégique important pour la capitalisation des résultats et la diffusion de l’expérience. Les principales difficultés rencontrées durant la mise en œuvre comprennent l’interruption sécuritaire à Kasapa, les contraintes liées à la saison des pluies, des surcoûts logistiques, l’accessibilité limitée de certains quartiers, la sous-représentation féminine parmi les artistes et l’absence de captation vidéo. Enfin, plusieurs leçons et recommandations émergent de cette expérience. Les leçons principales montrent que la culture constitue un levier puissant de mobilisation citoyenne, que les quartiers disposent d’un potentiel artistique largement inexploité, que les restaurants et bars peuvent devenir des partenaires économiques naturels pour les initiatives culturelles et que la jeunesse exprime un besoin fort d’un cadre culturel permanent. Les recommandations proposées incluent l’institutionnalisation du Café Jazz Kwetu comme rendez-vous périodique, le renforcement de la participation féminine artistique, l’intégration d’un dispositif audiovisuel structuré dans les futurs projets, le soutien aux 7 mini-projets communautaires identifiés et la création d’un fonds d’appui destiné aux initiatives culturelles locales.